Pétrole de Schiste : le rapport explosif

 

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Pétrole de schiste : le rapport explosif

27-03-2012

Voilà une faille dans l'interdiction de pratiquer la fracturation hydraulique, votée par le Parlement l'été dernier. Dans le rapport qu'ils viennent de rendre au gouvernement, le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies et le Conseil général de l'environnement et du développement durable, dépendant des ministères de l'Economie et de l'Environnement, préconisent, selon un calendrier précis, le recours à cette technique controversée. Il s'agit pour eux de connaître les réserves de pétrole de schiste qui dorment entre 2000 et 3000 m sous terre. Pour les exploiter, il faudrait injecter à haute pression de l'eau, du sable et des produits chimiques. C'est ainsi que de nombreux dommages ont été causés à l'environnement outre-Atlantique. En Seine-et-Marne, le sujet est sensible puisque le territoire concentre la majorité des puits du Bassin parisien. « L'Europe n'est pas un nouvel eldorado, prévient le rapport. Même si les enjeux en termes d'emplois et de sécurité d'approvisionnement ne peuvent être ignorés. » Les pétroliers tablent, eux, sur plusieurs milliards de barils. Des tests en région parisienne. Les titulaires des permis ont fait part de leur besoin de recueillir des données précises pour décider ou non d'exploiter le pétrole de schiste. Pour cela, le rapport propose, une fois les élections passées, de réaliser de nouveaux carottages à partir des puits existants ou à venir. Notamment dans la couche censée abriter du pétrole de schiste, ce qui n'a pour le moment été fait qu'à faible échelle, dans le Bassin parisien, à « la géologie la plus simple et où la question de la ressource en eau paraît admettre plusieurs réponses ». Début 2013 serait étudiée la décision de pratiquer la fracturation hydraulique. Il faudrait pour cela que le Parlement modifie la loi. Les premiers tests pourraient avoir lieu fin 2013. Toreador et Hess, qui avaient commencé des travaux à Doue et à Jouarre, se disent disponibles « si on fait appel à nous ». Nul doute que Vermilion, qui a déjà produit de l'huile de schiste à Jouy-le-Châtel et Vaudoy-en-Brie avant que cela soit interdit, se porte aussi candidat. Et les risques environnementaux? Le décret créant la Commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures a été publié jeudi. Composée de membres de l'administration, d'élus, de représentants d'associations et de l'industrie pétrolière et gazière, elle doit se réunir deux fois par an afin de donner son avis sur « tout projet d'expérimentation de fracturation hydraulique ou d'une technique alternative ». Ces avis seront transmis au gouvernement et au Parlement. Un engagement de transparence. « On ne répétera pas en Europe les errements américains avec des forages peu encadrés, ajoute le rapport. Le cahier des charges sera très contraignant. La fracturation doit être sans risque. » La mission préconise une large consultation des maires des communes concernées et limitrophes, avec en plus un affichage en mairie, des publications sur Internet et des réunions publiques.

 

 

AUTANT D'IRRESPONSABILITÉ EST INNADMISSIBLE !

QUE FAIT L'ÉTAT POUR PROTÉGER NOTRE SANTÉ ?

INFORMATION DE NE77

 

Nous avions appris de la bouche même du responsable de Vermilion Rep que les liquides ayant servi à la fracturation hydraulique en Seine-et-Marne avaient été réinjectés dans la nappe du Dogger, celle-là même qui est utilisée pour la géothermie.
Comment cela a-t-il été possible alors que les liquides de fracturation contiennent de nombreux produits toxiques ?
Alors que les installations classées (= établissements industriels à risques) doivent être en conformité avec le code de l'environnement qui précise dans son article R212-9-1 :
"Afin d'assurer la protection des eaux souterraines et la lutte contre la pollution ..., le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux respecte, notamment, les dispositions qui interdisent l'introduction directe ou indirecte de substances dangereuses ou qui limitent l'introduction directe ou indirecte de polluants non dangereux dans ces eaux souterraines par suite de l'activité humaine."

 
L'arrêté du 17 juillet 2009 relatif aux mesures de prévention ou de limitation des introductions de polluants dans les eaux souterraines autorise dans son article 9 les pétroliers à réinjecter leurs sauces de fracturation  :
"Les dispositions prévues à l’article R. 212-9-1 du code de l’environnement ne sont pas applicables aux rejets ponctuels directs suivants : ...
L’injection d’eau contenant des substances résultant d’opérations de prospection et d’extraction d’hydrocarbures ou d’activités minières et l’injection d’eau pour des raisons techniques dans les strates géologiques d’où les hydrocarbures ou autres substances ont été extraits ou dans les strates géologiques que la nature rend en permanence impropres à d’autres utilisations. Ces injections ne contiennent pas d’autres substances que celles qui résultent des opérations susmentionnées"

 

Tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur le sujet le savent : on ne peut pas garantir sur le très long terme que les puits de forages, pendant et après l'exploitation soient parfaitement étanches ! Comment affirmer que des tubages en acier en contact avec des produits corrosifs ainsi que le ciment censé joindre le tubage au terrain de façon parfaitement étanche demeurent éternellement en bon état  ? Il n'est pas stupide de penser que lesdits tubes une fois corrodés, ou le ciment, attaqué par les produits présents dans le sol, permettront aux différents fluides de migrer via cette faille artificielle !! Et en Ile-de-France, plus de 2000 puits ont été forés !

 


Nature Environnement 77 demande l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'arrêté du 17 juillet 2009. L'industrie pétrolière ne doit pas être autorisée à déroger aux obligations des autres industriels

 
 

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